Vous consommez certainement des produits laitiers à base de lait de chèvre, bien connue pour ses cabrioles, sa curiosité, et son attachement mais souvent trop peu pour les atouts nutritionnels de son lait… Avez-vous déjà songé à tous les bienfaits de cette ressource précieuse ?

Une excellente digestibilité

Les lipides du lait de chèvre se présentent sous la forme de globules gras de petite taille faciles à assimiler. Ils sont également répartis de façon homogène dans le lait, dû à l’absence d’agglutinine, une protéine qui agglomère les globules gras entre eux pour provoquer l’effet « remontée de la crème ». Leur facilité de digestion est aussi liée à leur richesse en triglycérides à chaine moyenne et courte, dont l’absorption intestinale est rapide et ne requiert ni l’action de la bile, ni celle des sucs pancréatiques.

Les protéines du lait de chèvre sont constituées de caséines (80%) et de protéines solubles. Par leur structure et leur faible concentration en caséines αS1, elles séjournent peu de temps dans l’estomac et se digèrent ainsi facilement.

Essentiellement représentés par le lactose, les glucides du lait de chèvre sont généralement présents en moindre quantité par rapport à d’autres laits. Il en découle des besoins moins importants en lactase, l’enzyme nécessaire à sa digestion.

Des apports en nutriments de qualité

La bonne valeur nutritionnelle du lait de chèvre est liée à sa teneur en protéines de haute qualité et sa composition en matières grasses.

Le lait de chèvre est particulièrement riche en protéines, dont le niveau varie au cours de la lactation des chèvres et en fonction des saisons. Elles comportent notamment les 8 acides aminés essentiels, nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme, mais qui ne peuvent pas être synthétisés par ce dernier. Les nucléotides présents naturellement dans le lait de chèvre stimulent le système immunitaire et la croissance des cellules. De par leur taille, le lait des petits ruminants contient également une faible quantité de facteurs de croissance et d’œstrogène.

Les triglycérides à chaines moyennes sont particulièrement bien représentés dans la matière grasse du lait de chèvre. L’espèce « caprine » a d’ailleurs donné sa racine latine aux trois premiers : l’acide caprique, caproïque et caprylique ! Ces acides gras ont l’avantage d’être digérés directement sans être stockés dans l’organisme et de participer à la prévention des risques cardio-vasculaires, notamment par leur action intéressante sur les dépôts de cholestérol. Le goût caractéristique caprin provient de la composition en matière grasses du lait de chèvre, il est essentiellement lié à deux autres acides gras : l’acide 4 éthyl octanoïque et l’acide 4 méthyl octanoïque.

Sur le plan minéral, le lait de chèvre présente des concentrations importantes en calcium et phosphore particulièrement biodisponibles, participant à la qualité de la structure osseuse. Les teneurs marquées en zinc et sélénium favorisent l’immunité par leur action antioxydante.

Le lait de chèvre contient naturellement des vitamines bénéfiques pour la santé, en particulier les vitamines A, B et D. Par exemple, la vitamine A du lait frais entier se présente essentiellement sous sa forme la plus assimilable, le rétinol, agissant directement sur le fonctionnement de la vue.

De moindres réactions allergéniques

De façon empirique et de plus en plus, au niveau scientifique*, il est constaté que le lait de chèvre entraîne moins de réactions allergéniques que d’autres laits. Cela peut s’expliquer par ses différences de composition, notamment sur la fraction protéique. Le lait de chèvre peut donc constituer une alternative dans certains cas d’allergies ou d’intolérances. Toutefois, la décision de substituer des produits laitiers en général par ceux au lait de chèvre doit impérativement être prise sur avis médical.

* Exemple d’étude scientifique présentant différents atouts nutritionnels du lait de chèvre : https://cordis.europa.eu/news/rcn/126760_fr.html

Témoignage

Lait de chèvre en snacking : des atouts nutritionnels intéressants !

L’avis d’Alexandra PAYS, diététicienne-nutritionniste en Indre-et-Loire

« Puis-je intégrer une collation dans la journée ? » C’est une question assez récurrente chez mes patients. Depuis plusieurs années, le grignotage est incriminé comme facteur de surpoids mais il n’est pas pour autant interdit de faire une collation saine. En effet, un encas fait partie intégrante d’une alimentation équilibrée, il est même vivement recommandé chez certains individus notamment les enfants, les sportifs et aussi les personnes dans une démarche de gestion du poids.

Son objectif : contrôler les baisses d’énergie, éviter d’être affamé au repas suivant et réguler la glycémie (taux de sucre dans le sang). D’un point de vue diététique ce petit repas doit contenir un produit laitier, un fruit, des céréales et une boisson. Il n’est pas toujours facile d’avoir tout cela sous la main, notamment le laitage qui demande des conditions de conservations particulières.

Intérêts d’un encas contenant du lait de chèvre

L’intégration de lait de chèvre permet d’équilibrer la collation en apportant des protéines et des lipides de bonne qualité. Les protéines caprines ont une bonne valeur biologique c’est à dire qu’elles contiennent les 8 acides aminées essentiels : ils sont indispensables à la fabrication des cellules et au bon fonctionnement de l’organisme, mais ne sont pas synthétisés par ce dernier. Par conséquent, ils doivent forcément provenir directement de l’alimentation. De plus, un encas contenant ces protéines laitières favorise la sensation de satiété et évite donc d’avoir faim avant le repas suivant.

Quant aux lipides du lait de chèvre, ils apportent des acides gras de courtes et moyennes chaînes, répartis dans des globules gras de petites tailles, qui leurs confèrent une bonne digestibilité. La carnitine également présente permet une utilisation optimale des acides gras par les cellules et donc un moindre stockage des graisses. L’apport de lipides dans une collation entraine une baisse de l’index glycémique de l’aliment, et par conséquent, évite au consommateur l’effet « coup de barre » qui peut survenir lorsque l’on prend un encas trop sucré et pauvre en graisses.

Alors, vous avez envie de découvrir les bienfaits de ce lait de chèvre différemment, à d’autres moments : l’aventure vous tente ?